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Le détail des nouvelles mesures pour la sécurité routière
Rédigé par 40 Millions d'Automobilistes Le 01/04/2012 @ 11:27 Dans Juridique / Réglementation,Sécurité Routière | 61 Commentaires
Le Figaro dévoilait hier que des nouvelles mesures “en faveur” de la sécurité routière seraient présentées par Claude Guéant ce matin en Conseil des ministres. On pouvait donc s’attendre à une publication au journal officiel en fin de semaine. Finalement, les mauvaises nouvelles ont été publiées dès ce matin et entrent en vigueur à partir de demain. Voici le détail des nouvelles mesures.
Le décret [1] permet :
1/ D’étendre l’infraction consistant à détenir, transporter ou utiliser un détecteur de radars aux avertisseurs de radars (le texte parle de « dispositifs ou produits visant à avertir ou informer de la localisation d’appareils, instruments ou systèmes servant à la constatation des infractions à la législation ou à la réglementation de la circulation routière ») . Cette infraction reste sanctionnée d’une amende pénale maximale de 1 500 € mais le retrait de points passe de 2 à 6. Cette interdiction ne concerne bien sûr pas les nouveaux dispositifs d’aide à la conduite. Comment les forces de l’ordre vont cependant procéder pour déterminer quels appareils sont conformes au protocole signé entre l’AFFTAC et le ministère de l’Intérieur ? Mystère ! On en saura vraisemblablement plus dès la parution d’une circulaire sur ce sujet.
2/ D’aggraver les sanctions réprimant l’usage d’un téléphone tenu en main : l’amende passe de la deuxième à la quatrième classe (de 35 à 135 euros) et le retrait de points de deux à trois points.
3/ D’aggraver les sanctions de l’infraction consistant à placer dans le champ de vision du conducteur un écran de télévision ne constituant pas une aide à la conduite ou à la navigation. L’amende passe de 135 à un maximum de 1 500 €. Le retrait passe lui de 2 à 3 points.
4/ D’aggraver les sanctions de l’infraction consistant à circuler sur la bande d’arrêt d’urgence et de l’étendre au franchissement de cette même bande. L’amende passe de 35 à 135 € (on passe de la 2ème à la 4ème classe). En cas de circulation, le retrait reste de 3 points et en cas de franchissement, il est d’1 point.
5/ De réprimer l’absence d’usage d’un éthylotest antidémarrage dans les cas où le véhicule doit en être obligatoirement équipé. Ainsi, « le fait pour le conducteur de conduire un véhicule équipé d’un tel dispositif soit après que celui-ci a été utilisé par un tiers pour permettre le démarrage, soit après l’avoir neutralisé ou détérioré ou l’avoir utilisé dans des conditions empêchant la mesure exacte de son état d’imprégnation alcoolique est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe » (amende forfaitaire de 135 euros). Le fait, par toute personne, de faciliter sciemment, par aide ou assistance, la préparation ou la consommation de cette contravention est puni de la même peine.
6/ De rendre obligatoire, pour les usagers de véhicules à deux roues motorisés d’une cylindrée supérieure à 125 cm³, le port d’un vêtement muni d’un équipement rétroréfléchissant. Il devra correspondre aux normes françaises ou à d’autres normes garantissant un niveau de sécurité équivalent et devra être d’une surface totale au moins égale à 150 cm². S’il n’est pas dès l’origine intégré au vêtement, il lui est superposé par tout moyen.
L’équipement doit être porté sur le haut du corps, à l’exception du casque, à partir de la ceinture à la ligne des épaules, de manière à être visible des autres usagers de la route. Si l’infraction est retenue, l’amende est de la 3ème classe (68 euros). Est également prévu un retrait de deux points sur le permis. Les conducteurs et passagers de tels véhicules auront jusqu’au 1er janvier 2013 pour se soumettre à cette obligation.
7/ De donner aux juridictions administratives, dans le cadre notamment des contentieux relatifs aux retraits de points, la possibilité d’accéder directement aux dossiers individuels des conducteurs répertoriés dans le fichier national des permis de conduire. Jusqu’à présent, cette possibilité n’était accordée qu’aux « autorités judiciaires, les officiers de police judiciaire chargés de l’exécution d’une ordonnance juridictionnelle ou agissant dans le cadre d’une enquête de flagrance, les préfets dans l’exercice de leurs compétences en matière de permis de conduire, les militaires de la gendarmerie et les fonctionnaires de la police nationale habilités à effectuer des contrôles routiers ».
8/ De faciliter le contrôle de la conduite après usage de stupéfiants en permettant à un agent de police judiciaire adjoint, sur l’ordre et sous la responsabilité d’un officier de police judiciaire, de procéder à des épreuves de dépistage (par la voie urinaire ou salivaire) en vue d’établir si cette personne conduisait en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants. Jusqu’à présent, ces épreuves ne pouvaient être qu’effectuées, concernant la voie urinaire, par un médecin, un biologiste, ou un étudiant en médecine autorisé à exercer à titre de remplaçant, et, concernant la voie salivaire, par un officier ou agent de police judiciaire.
9/ De sanctionner plus sévèrement le fait de contrevenir aux dispositions relatives à l’entretien, aux caractéristiques ou au mode de pose des plaques d’immatriculation. L’amende passe de la troisième (68 euros) à la quatrième classe (135 euros).
10/ De sanctionner plus sévèrement le fait pour un conducteur de ne pas respecter l’interdiction de circuler sur une route dont la fermeture temporaire a été ordonnée par l’autorité investie du pouvoir de police pour prévenir un danger pour les usagers de la voie ou en raison de l’établissement d’un chantier. Cette infraction donne désormais lieu à un retrait de 3 points (aucun retrait auparavant).Cette infraction est également étendue à l’interdiction temporaire de circulation sur tout ou partie de la chaussée, matérialisée par une signalisation routière adaptée. La mise en place de ce retrait de points est concomitante avec l’installation de radars automatiques pour zones de chantiers et travaux. Ce n’est pas un hasard…
Ces mesures ont fait vivement réagir Louis Derboulle, président de “40 millions d’automobilistes”, qui estime “qu’en modifiant la classe de nombreuses infractions, c’est l’assouplissement du permis à points voté par les Parlementaires l’année dernière qui est purement et simplement remis en cause ! “. En effet, rappelons que le délai de 2 ans au lieu de 3 pour récupérer l’ensemble de ses points ne concernait que les infractions des trois premières classes. Ainsi, en réduisant comme peau de chagrin le nombre des infractions des trois premières classes (adieu par exemple le téléphone au volant et la circulation sur bande d’arrêt d’urgence qui deviennent de classe 4), l’assouplissement est vidé de sa substance ! A quoi cela sert que nos représentants votent une mesure pour qu’elle soit quelques mois plus tard balayée d’un revers de main par le gouvernement ?!
L’association estime qu’en privilégiant une nouvelle fois qu’un seul axe, le tout répressif, les pouvoirs publics ne répondent pas à l’enjeu qui est d’arriver à “sauver 1.000 vies [2]” par an. Ainsi, qu’y a-t-il par exemple dans ce décret pour lutter contre la somnolence au volant ? Rien ! Pourtant, l’Institut d’étude des accidents de la route de 40 millions d’automobilistes a identifié ce phénomène comme l’une des causes majeures de l’accidentalité sur nos routes ! Et que dire de l’absence de toute mesure concernant la présence d’éthylotests dans les véhicules, alors que ces outils sont pourtant le seul moyen de se contrôler rapidement et facilement ? Pourquoi n’y a-t-il pas également renforcement des contrôles ciblés, par exemple à la sortie des discothèques ? N’oublions pas que selon les propres chiffres du gouvernement, un accident mortel sur trois implique une alcoolémie dépassant le taux légal…
Les Français en ont ras le bol de cette politique et sont exaspérés ! Résultat : de plus en plus de Français ne font plus la relation entre cette répression, qu’ils subissent au quotidien, et les enjeux de sécurité routière. Ce n’est pas en donnant le sentiment aux automobilistes que la politique de sécurité routière est une pompe à fric que l’on va descendre sous les 3000 morts par an. Une bonne politique doit être une politique comprise et acceptée par tous. Alors messieurs les gouvernants, réveillez-vous et soyez pragmatiques !
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[1] décret: http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000025083522&dateTexte=&categorieLien=id
[2] sauver 1.000 vies: http://www.40millionsdautomobilistes.com/Data/upload//2011_10_21_Sauver_1000_vies.pdf
[3] cliquer ici: http://www.40millionsdautomobilistes.com/05-informez-vous/revuedepresse.asp?intIdRevueDePresse=27
[4] cliquer ici: http://www.40millionsdautomobilistes.com/05-informez-vous/revuedepresse.asp?intIdRevueDePresse=28
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